Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Prime de précarité et contrat CIFRE

Pourquoi j'ai réclamé la prime de précarité?

com

Vous connaissez ma situation personnelle. Je vais maintenant vous exposez les raisons qui m'ont poussé à aller aux prud'hommes.

En résumé je me suis senti roulé dans la farine. Après avoir fait le même travail qu'un chargé de mission pendant trois ans, voire plus que certains, après que mon entreprise est touchée plus de 45 000€ de subvention pour que je puisse faire ma thèse, après avoir développé de nouveaux outils, des nouveaux sujets de travail, l'entreprise n'a pas souhaité reconnaître le travail réalisé au titre qu'elle m'avait formé!

C'est donc bien un sentiment de déclassement qui m'a conduit dans un premier temps à demander ma prime de précarité, d'autant plus qu'initialement, à la signature du contrat, je comptais dessus.

Cette indignation se double d'un sentiment d'être le dindon de la farce dans la mesure où l'argent public distribué par l'ANRT ne subventionne pas une recherche en science sociale mais plutôt un travail de cadre. La moralité du dispositif laisse penseur.

D'un coté, je ne peux dire que le dispositif CIFRE n'a pas été satisfaisant. Cette expérience professionnelle a été une grande opportunité et j'ai développé beaucoup de compétence. J'ai pu commencé mon travail de thèse dans des conditions financières acceptables, ce qui n'est pas une généralité en sciences sociales. Pour autant, je ne peux pas cautionner qu'une subvention pour les jeunes chercheurs soit détournée par les entreprises (association et collectivité comprise) pour embaucher de la main d'oeuvre qualifiée à moitié prix. D'autant plus que la charge de travail empêche les doctorants de travailler sur leur thèse, poussant certains à abandonner, d'autres à finir avec l'aide d'une autre subvention publique, dite Aide au Retour à l'Emploi. Les retours d’expérience que j'ai pu avoir d'autres doctorants ne font que confirmer ce constat. La quatrième année chômage permet de faire tampon, le doctorant récupérant ainsi le temps passé à faire autre chose.

On peut comprendre la difficulté d'adapter le dispositif CIFRE initialement prévu pour les sciences dites dures, aux sciences sociales. Les retours sur la recherche sont beaucoup moins directs, il ne peut y avoir de rentabilité visible immédiatement et l'innovation ne débouche que rarement sur un prototype. Cela étant dit, on peut comprendre la demande des structures de demander un "travail" au doctorant pour justifier leur salaire. Mais dans ce cas, pourquoi s'obstiner à conserver un dispositif qui ne fonctionne pas tel quel.

L'ANRT est au courant du décalage introduit par le transfert du dispositif CIFRE en sciences humaines. Ce qui est choquant est leur volonté de laisser pourrir la situation. Ils préfèrent faire l'autruche qu'essayer de résoudre le problème. Tant que la subvention est distribuée, que tout le monde se tait pour un salaire ou une subvention, l'ANRT semble satisfaite. Que le dispositif soit détourné de son but initial ne la dérange pas et surtout il ne souhaite pas que les choses changent.

D'ailleurs, au moment de ma demande de prime de précarité, j'ai contacté l'ANRT. J'ai compris ce que langue de bois veut dire. Refus catégorique de comprendre la situation. Il faut dire que si les 4000 doctorants CIFRE réclame la prime, cela va faire un peu de bazar.

Repost

Commenter cet article